Ces jours-ci, des accusations d’harcèlement sexuel circulent librement sur l’internet, à la télé et dans les journaux. Aujourd’hui, autant les femmes que les hommes féministes se sont prononcés dégoûtés par l’oppression masculine, l’inconduite sexuelle et la violence sexuelle. Depuis l’affaire Weinstein, les montréalais ont participé à de nombreuses manifestations.

Suite aux accusations portées contre l’acteur James Franco, les journalistes Joel Achenbach et James Rosen, le maître de ballet NYCB Peter Martins et le chef d’orchestre Charles Dutoit, le mouvement #MeToo ne cesse de croître. Force est de constater que plusieurs d’entre nous tente de prendre des mesures définitives contre l’inégalité, l’agression et l’inconduite.

Sofia Misenheimer, la créatrice et la rédactrice en chef du magazine Art/iculation, une publication de nouvelles et d’articles portant sur les minorités sous-représentées, croit que le rôle de l’inconduite sexuelle a un impact important sur la problématique homme-femme. « Je crois que le mouvement #MeToo constitue un tournant décisif dans notre histoire car il nous démontre l’amplitude du problème. Nous constatons aujourd’hui que l’agression sexuelle est répandue partout à Montréal, au Canada et au monde entier. J’aime le fait que l’on incite les femmes et les hommes à parler ouvertement et que les victimes d’agression sexuelle puissent s’exprimer en toute honnêteté. En ce sens, j’ai beaucoup de respect pour Tarana Burke, la fondatrice du mouvement, parce qu’elle a mis sur pied une manière inclusive de démasquer la culture d’abus dans laquelle nous vivons. »

Sofia croit que la conversation portant sur la violence sexuelle prend toujours de l’ampleur. « Cela dit, nous devons toujours axer notre concentration et notre attention sur certaines minorités », précise-t-elle. « Des abus envers les femmes se poursuivent sans relâche. Le mouvement #MeToo a beaucoup de potential, mais il faut reconnaître l’importance d’adopter des habitudes saines, dont l’autoréflexion, afin to bien cerner comment nous participons à une culture toxique où l’on privilégie certains types de corps au dénigrement d’autres. Tout le monde connait quelqu’un qui a été une victime d’agression sexuelle. C’est le temps de reconnaître que nous connaissons les agresseurs et que nous n’allons plus tolérer leur conduite envers les femmes. »

Certaines mesures ont été adoptées afin de porter la discussion au niveau suivant. Par exemple, de concert avec plusieurs autres féministes, la journaliste renommée et la réalisatrice de documentaires Francine Pelletier a lancé l’initiative #EtMaintenant. Le lancement officiel du mouvement, symbolisé par un cœur jaune, n’est pas du tout une chasse à l’homme. Non, au contraire, les fondatrices du mouvement cherchent à inclure les voix d’hommes pour dénoncer l’agression sexuelle, la misogynie et le scandale.

« Voici un mouvement qui est autant révolutionnaire qu’il est historique », lance Francine Pelletier. « C’est la première fois que les femmes se plaignent et qu’on porte attention à leurs paroles. »

Espérons que le dialogue entre les hommes et les femmes se fasse de plus en plus facilement. Que nous réserve le futur? Seul le temps nous le dira.

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